Objets inanimés, avez-vous donc une âme 7/L’assiette de pasta…

Pour la beauté de la chose, nous doterons cette assiette de pâtes de trois qualités : elle sera bio, gluten-free mais pas avec un goût relou pour autant, et issue du commerce équitable…

Elle est née du labeur conjoint de la Terre et des hommes.

Sa forme, un ruban plat, de taille moyenne, révèle ses secrets de fabrication : à l’origine il y a eu un sillon creusé dans la terre, puis un semis droit comme un i, un fauchage méthodique, un transport (court) routier, puis des opérations diverses de traitement du grain permettant la transmutation en farine. Laquelle farine fut mélangée en eau, pétrie, ‘’abaissée’’ et ‘’laminée’’ grâce à une de ces machines à fabriquer les pâtes : ainsi naquit la tagliatelle, fille du sillon. Tel père, telle fille : mêmement humble, mêmement rectiligne. Dans les clous, rassurante, la pasta.

La pâte non assaisonnée ne met nullement en appétit. Il faut l’art du cuisinier pour que la magie devienne visible. Accommoder, assaisonner, bref inventer ou réinventer à chaque fois le même geste. Faire des pâtes : rien de plus banal. Et en même temps, bien faire des pâtes, tout le monde le sait, requiert la maîtrise du geste et le désir de la beauté : la pâte peut-être vite trop cuite, ou pas assez, ou trop assaisonnée, ou ressembler à une perruque aplatie ou même… à un plat de vomi.

Simple, éprouvée par les siècles et par son universalité mais toujours ravissante dans tous les sens du terme, la pasta est un Taureau ascendant Taureau, n’en doutons pas !

« Quel signe se cache derrière…les héros de série ». 2/Piper Kerman

 

Dans la vraie vie, il est bien difficile de deviner le signe solaire de quelqu’un. Il a va tout autrement dans les séries, où les personnages sont souvent traités comme des épures de caractères…

Cette semaine, examinons le cas intriguant de Piper Kerman, fausse-vraie héroïne de la série chorale Orange is the New Black.

Pour la petite histoire, Piper Kerman existe, et la série est dérivée du récit autobiographique qu’elle a livré de son expérience en prison. Par conséquent l’histoire de ces détenues n’existe pas sans elle. Cependant, Piper Kerman n’est à aucun moment décrite comme un des personnages les plus forts de la série. On pourrait même dire le contraire : c’est une pleureuse, inconsciente de ses atouts, et à peu près toutes les stratégies qu’elle met en œuvre pour se sortir des ornières dans lesquelles elle s’est elle-même précipitée échouent lamentablement, sans qu’elle ne s’en rende d’ailleurs compte car il se trouve presque toujours une bonne âme pour lui sauver la mise. Dans un environnement où chaque atome d’autonomie gagné, volé, usurpé, peu importe, est la condition sine-qua-non du maintien de la dignité humaine, Piper, elle, n’aspire qu’à une chose, une seule : aimer et être aimée. De tous et de toutes et d’abord d’Alex.

Et pour cela elle est prête à absolument tout, ce qui, dans un contexte carcéral, peut mener, comme on l’imagine, assez loin… C’est évident : Piper Kerman est un Poisson.

Ma nouvelle saga : « Quel signe se cache derrière…les héros de série ». 1/Tony Soprano

Dans la vraie vie, il est bien difficile de deviner le signe solaire de quelqu’un. Il a va autrement dans les séries, où les personnages sont souvent traités comme des épures de caractères…

 

Cette semaine, examinons le cas paradoxal du plus attachant des maffieux : Tony Soprano.

Tony Soprano, héros incontesté de la série éponyme Les Soprano, est un gangster à la papa, un maffieux iconique, un fils spirituel de Tony Montana – l’emprunt du même prénom ne doit évidemment rien au hasard.

Les histoires de mafia sont toujours des histoires de famille. Ou, plus précisément, les histoires de mafia racontent toujours la même histoire, qui est aussi l’histoire racontée d’ailleurs par les tragédies grecques, à savoir : peut-on échapper à son propre destin, lequel est conditionné par la famille d’origine ? (spoiler alert : la réponse est non.)

Ce qui distingue Tony Soprano du Tony Montana de Brian de Palma, c’est l’affect. Les affects, plutôt. Car, et la série s’ouvre ainsi, Tony Soprano souffre de crises de panique. Disons-le car c’est ce qui fait le sel de la série : Tony Soprano est un caractère plutôt primaire – cela dit, dans la série, il y a pire que lui, à commencer par sa femme Carmela par exemple…-, qui se retrouve en proie à des affects complexes, et en l’occurrence un colossal conflit entre son métier, lequel, rappelons-le, n’est pas un métier choisi mais un métier hérité de la tradition familiale, et son désir le plus profond, qui est de protéger sa famille (et de vivre peinardement avec).

Or comment protéger sa famille lorsque son activité consiste principalement à tenter d’éliminer une famille adverse qui, par conséquent, tente avec la même constance d’éliminer votre propre famille ?

Ainsi chaque action entreprise par Tony Soprano met en péril sa propre construction familiale. On comprend que ce soit psychiquement fatiguant. Résultat, il s’effondre et n’aspire qu’à une chose : être délesté de ses responsabilités.

Parce qu’au fond, Tony Soprano n’est heureux que lorsqu’il regarde ses canards, qui, parce qu’ils jouissent d’une totale liberté de mouvement, symbolisent pour lui le bonheur.

Tony Soprano, c’est évident, est un Verseau contrarié, mais un Verseau tout de même…

Objets inanimés avez-vous donc une âme 6/ Les lunettes de soleil oversize

Avec tous les bémols que chantait Isabelle Adjani dans le sublime Pull Marine de Gainsbourg,

 

 

…. les verres fumés servent réellement à dissimuler le regard (et les rides et la nuit trop courte et l’humeur trop sombre – ou trop joyeuse : on en a vu qui, lors d’enterrements, dissimulaient des fous-rires derrière des Ray-Ban).

Mais il est vrai que la chose que les lunettes de soleil ne dissimulent pas, c’est le fait que quelque chose doive être dissimulé.

 

Revenons tout de même à la base de la chose : les lunettes de soleil, avant tout, protègent contre les rayons du soleil.

Qui aveuglent, brûlent la rétine de l’imprudent, sont vecteurs des abominables radicaux libres, eux-mêmes responsables de quasi toutes nos dégénérescences cutanées.

Le soleil qui éclaire et ce faisant, crée l’ombre, car il n’y a qu’à midi que le soleil écrase tout. Le soleil crée les contrastes : il révèle les choses.

Se garder du soleil via les lunettes, c’est refuser l’accès le plus évident à la lecture de ses émotions, mais c’est aussi refuser la révélation parfois tranchée du réel. Oversize, c’est évident, la protection s’étend. Mais elle dévoile aussi autre chose : une envie d’exister tout en étant caché.

Une référence, aussi, à ces stars dont l’aura serait tellement immense qu’elle aurait besoin d’être tempérée derrière de gigantesques verres.

Vecteur de dissimulation et de secret et en même temps hyper-présentes et hautement référencées dans nos imaginaires modelés par Hollywood, et, plus globalement, les discours des marques, ces lunettes de soleil oversize seraient Cancer ascendant Sagittaire que je n’en serais pas plus étonnée que cela !

 

 

 

 

Nefelibata?

 

Il y a quelques jours, j’ai découvert le mot « nefelibata » qui m’a interpellée. Curieuse, j’ai décidé de mener l’enquête et je vous partage le fruit de ma trouvaille.

Ce mot d’origine portugaise décrit un homme ou une femme perché sur la lune, bref, un être humain qui rêve encore plus que les autres…

Définition et traduction :

(n.) lit. « cloud walker« ; one who lives in the clouds of their own imagination, or one who does not obey by the conventions of society, literature, or art

(n.) allumé « marcheur de nuages »; celui qui vit dans les nuages ​​de sa propre imagination, ou celui qui n’obéit pas aux conventions de la société, de la littérature ou de l’art

 

Je comprends mieux pourquoi ce terme a retenu toute mon attention. En astrologie, la lune est un élément clé, tout comme le Soleil, on dit qu’ils sont à la fois inséparables et complémentaires. L’un éclaire le jour avec sa puissance et sa chaleur, l’autre brille la nuit avec douceur et subtilité.

En tant qu’objet céleste diurne, elle est active la nuit et décrit notre inconscient / notre psyché, elle décrit nos besoins les plus profonds, nos désirs, nos états d’âmes, nos peurs, nos angoisses, nos souvenirs, notre mémoire archaïque.

La lune décrit notre sensibilité, notre plan émotionnel et notre rapport à la mère, à la matrice divine qui porte, met au monde, nourrit et fait grandir son enfant.

Parler de la lune revient à parler du signe du Cancer aussi car ils sont tous deux « amis ». Les personnes nées sous ce signe sont de nature sensible, intuitive et ultra réceptive. On dit parfois qu’elles ont réussi à conserver leur âme d’enfant… Cette période pendant laquelle on passe son temps à s’amuser, à inventer des jeux, à (se) raconter des histoires à dormir debout, à jouer dans les bois, à regarder des dessins animés, à se déguiser, cette période propice à rêver sans limites dans laquelle se construit notre imaginaire.

nefelibata » c’est donc un être humain mais qui rêve encore plus que les autres… qui porte un regard plein d’émotions et de merveilleux, mais chuuuut ne les réveillons pas ce sont des êtres créatifs qui savent mieux que personne ré-enchanter le monde !

Gabriel Cheurf est de ceux-là ! Son premier EP  intitulé “Nefelibata” décrit le cheminement d’un homme plongeant dans cet état d’endormissement. Atteint du syndrome de déréalisation, Gabriel s’est mis à écrire pour conjurer le sort. Dans une interview, il dit que “c’est un état dans lequel on ne distingue pas trop la réalité du rêve. On a l’impression d’être dans un monde dénué de sens tout le temps.”  

 

Ecouter l’EP « Nefelibata »  https://soundcloud.com/draumr/nefelibata  

Objets inanimés avez-vous donc une âme/5 : Le bureau dérangé

D’abord, convenons-en, ce n’est pas un bureau monstrueusement dérangé (je sais de quoi je parle : mon bureau est un bureau monstrueusement dérangé…).

Mais tout de même, voilà un bureau disons, en petit fouillis.

Un café, un ordinateur, une facture, une revue de business, des dossiers, un smartphone, un gobelet, un autre journal, un agenda, une plante de la famille des ‘’succulentes’’ deux, non trois stylos vraisemblablement d’un certain prix… ça fait beaucoup pour un seul bureau non ?

Et pourtant il y a là une unité certaine, comme si une direction, plutôt austère, avait été prise, et que rien ne pourrait en faire dévier.

Bon. Cependant les différents objets sont tournés dans tous les sens… hypothèse logique : seraient-ce non pas une, mais trois personnes qui se seraient assises à ce bureau par ailleurs dépourvu de chaises ? Hypothèse baroque : et si la même personne avait pris tour à tour trois places distinctes autour de ce bureau ?…

Eparpillé, multiple, connecté et classieux, ce bureau serait un Gémeaux ascendant Capricorne que je n’en serais pas surprise plus que cela !

Objets inanimés avez-vous donc une âme/ 4 : La graine de café

Verte, parfaite, hyper-énergisante : voici la graine de café.

A force de la consommer décortiquée et torréfiée, à force de la masculiniser en ‘’grain’’, nous en avons oublié qu’elle est avant tout une graine. Une graine qui, plantée et arrosée comme il se doit, deviendrait caféier : un organisme à part entière. Mais ce n’est pas cela qui va se passer : elle ne va pas germer.

Mais pour autant, elle ne va pas mourir, elle va se transformer et faire passer son pouvoir énergétique à nous autres buveurs de café. Elle va être grillée, moulue, mélangée à de l’eau, et, ce faisant, va se transmuter en promesse d’énergie.

La graine de café va devenir café : un breuvage pour bon nombre d’entre nous, synonyme de petit matin qui chante (ou qui maugrée), d’action, de créativité. Et avec un peu de chance, son arôme entêtant (tant qu’à faire, présumons qu’il s’agit d’une graine d’un bon arabica) ne nous lâchera pas de la matinée.

Energétique, puissante, obstinée : cette graine de café serait un Bélier ascendant Taureau que ça ne m’étonnerait qu’à moitié !

Objets inanimés avez-vous donc une âme/3 : La théière en fonte

Sa forme, pas totalement ronde, interpelle le regard : on comprend qu’elle a fait l’objet d’une conception qui ne doit rien au hasard. Elle a été pensée d’abord et avant tout pour faire infuser, tenir au chaud et servir le thé.

Fabriquée en fonte, elle est solide : elle ne craint ni chocs ni variations brutales de température. En revanche, si elle tombe de haut sur un sol dur, elle peut se briser net.

Nul besoin de la recouvrir d’une de ces si charmantes et si ridicules petites housses fleuries anglaises pour accroître son pouvoir isotherme. Par ailleurs, sa couleur sombre autorisera des dépôts de thé sans que sa beauté en soit altérée : voilà un objet entièrement fait pour servir, en tirant au mieux parti de ses qualités…

Son concepteur l’a voulue jolie et l’a décorée avec des petits picots qui accrochent la lumière et en font presque un objet précieux : voilà un objet qui sait embellir l’air de rien le quotidien…

Solide mais pas indestructible, ultra-fonctionnelle et esthétique, cette théière serait Vierge ascendant Balance, que cela ne m’étonnerait pas !

 

Objets inanimés avez-vous donc une âme/2 : Les pointes de danse

Voyez ce nom : ‘’pointes de danse’’ ! Tout est déjà dit, n’est-ce pas ?

La torture et la grâce : ces chaussures sont en réalité des instruments étranges qui, au prix de supplices pédestres que l’on dit insupportables, allongent la danseuse au point que ses jambes nous apparaissent comme des lignes quasiment infinies.

Leur couleur : un rose poudré fragile qui les éloigne absolument de toute matérialité terrestre, ce qui est redit par la quasi-absence de semelle ; leurs attaches : des rubans qui interdisent toute manipulation rapide ; et enfin le morceau de bois dont elles sont lestées à l’avant : tout cela en fait des objets parfaitement absurdes, dramatiques et magnifiques.

Réservées à une élite qui ne fait pas mystère de ses contradictions, ces pointes de danse seraient Scorpions ascendant Lion que ça ne m’étonnerait pas !

Objets inanimés avez-vous donc une âme/1 : L’ombre à paupières

L’objet inanimé de la semaine ne sert en apparence absolument à rien d’autre qu’à faire joli. Même si on en restait là, on aurait tort de voir là un défaut ou le signe d’une impuissance tant le monde a besoin de joliesse…

Elle, puisque c’est de l’ombre à paupières qu’il s’agit, contient la promesse d’un geste pur, inutile, dont l’unique visée est la beauté. Elle pose une écaille vibrante au-dessus d’un œil (allez : de deux yeux), et ce faisant, elle fait du visage une œuvre d’art, – ratée ou réussie, là n’est pas la question… Autrement dit, elle transforme la nature en culture. Comme ça, l’air de rien, d’un coup de pinceau ou même juste d’une traînée de l’index…

Mais au-delà de son évidence esthétique, de la volonté de se distinguer, de se faire belle ou de se faire beau (vive les hommes qui se maquillent !), cette petite sophistication éphémère est aussi le signe d’une intention autrement plus grande et durable.  A la manière d’une signalétique, elle guide le regard de l’autre vers son regard à soi…

Ce que l’ombre à paupières dit, de manière plus ou moins mystérieuse, plus ou moins ironique et plus ou moins profonde selon le geste et la palette de celui ou celle qui en use, c’est que ça se passe d’abord là et pas ailleurs : entre quatre-z-yeux. Et c’est à cette condition que le dialogue entre deux êtres peut avoir lieu.

Dès lors, pour l’amour de l’art et pour l’amour tout court, je ne serais pas plus étonnée que ça d’apprendre que cette ombre à paupière soit un Poissons, ascendant Balance !